Femdom : ce que veut dire la domination féminine et comment s'y essayer
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Femdom est la contraction de l'anglais "female domination", la domination féminine. Une femme prend le pouvoir dans le jeu sexuel, son ou sa partenaire le lui confie. Ce pouvoir n'a rien d'imposé : il se négocie avant, s'arrête sur un mot convenu ensemble et peut rester très doux.
D'où vient le mot
Femdom est un mot anglais, la contraction de "female domination". Le français l'a adopté tel quel, au féminin : la femdom. Le Wiktionnaire lui donne deux sens. Le premier désigne la pratique, où une femme exerce une domination dans le jeu sexuel. Le second désigne la femme elle-même, qu'on appelle aussi dominatrice, maîtresse ou domina.
En français, "domination féminine" a aussi un sens hors de la chambre : Wikipédia y range la gynocratie et le matriarcat. Le mot anglais ne désigne que la pratique.
Ce que la femdom recouvre
La femdom appartient au BDSM, ce grand ensemble qui réunit le bondage, la discipline, la domination, la soumission, le sadisme et le masochisme. Sa particularité tient en une phrase : c'est elle qui mène. Elle décide du rythme, des règles et de ce qui est permis. Son ou sa partenaire se soumet, parce qu'il ou elle en a envie.
Le pouvoir peut passer par la voix seule. Un ordre, une interdiction de bouger ou de la toucher, une règle à respecter pendant la soirée : il n'en faut pas davantage pour installer le jeu. D'autres couples y ajoutent des liens, une fessée, un bandeau sur les yeux ou le gode ceinture.
La femdom ne se confond pas avec le pegging. Le Wiktionnaire cite la chroniqueuse Maïa Mazaurette, qui le rappelait en 2020 : une femme qui pénètre un homme ne fait pas forcément de la domination. Les deux se croisent souvent, aucun n'implique l'autre.
Wikipédia insiste sur un paradoxe que les pratiquants connaissent bien. La dominatrice doit lire en permanence les réactions de son partenaire pour savoir jusqu'où aller. Celle qui donne les ordres est aussi celle qui écoute le plus.
La gentle femdom, une domination sans dureté
La femdom n'a pas besoin de douleur ni d'humiliation. Ce que les anglophones appellent la "gentle femdom" en est la version tendre : des ordres donnés avec douceur, des règles simples, des récompenses plus que des punitions. Le plaisir vient du lâcher-prise de l'un et de l'attention de l'autre.
C'est une bonne porte d'entrée pour un couple qui découvre la pratique. Les jeux plus intenses se construisent ensuite, si l'envie vient, à partir de ce que chacun a aimé.
Le cadre : consentement et safeword
Tout le jeu repose sur un accord passé avant. La formule qui résume l'éthique du BDSM, "safe, sane and consensual" (sûr, sain et consenti), vient de David Stein. Il en revendique l'écriture dans la déclaration d'intention de GMSMA, une association new-yorkaise, adoptée le 17 août 1983. Il voulait distinguer ces jeux de la violence ou de l'autodestruction.
L'outil le plus concret de ce cadre s'appelle le safeword, le mot de sécurité. Il se choisit avant la séance et l'arrête immédiatement, sans discussion. Wikipédia décrit le code des couleurs que beaucoup utilisent : "vert" pour continuer, "orange" pour ralentir sans s'arrêter, "rouge" pour tout arrêter. Si la bouche est occupée ou bâillonnée, un geste convenu prend le relais, comme lâcher un objet tenu dans la main.
Le safeword vaut dans les deux sens. La dominatrice peut aussi arrêter le jeu quand quelque chose la dérange.
Par où commencer à deux
La première séance commence par une conversation, loin du lit. Chacun écrit ce qui le tente, ce qui l'intrigue et ce qu'il refuse. Les refus sont respectés sans discussion. Le reste devient le terrain de jeu.
Une soirée simple suffit pour une première fois. Elle fixe une règle, par exemple l'interdiction de la toucher sans permission. Elle donne des ordres courts et précis. Elle récompense quand la règle est tenue. Une séance de vingt minutes suffit si elle laisse aux deux l'envie de recommencer.
Si des liens entrent en jeu, ils restent lâches et jamais autour du cou. Une paire de ciseaux reste à portée de main. Un foulard large serre moins qu'une corde fine.
Après la séance
Le retour au quotidien compte autant que le jeu. Un moment de tendresse, une couverture, un verre d'eau, quelques mots sur ce que chacun a aimé : les pratiquants appellent ce temps l'"aftercare". Il permet de sortir des rôles et de préparer la fois suivante.
Ce moment sert aussi à ajuster. Ce qui a plu reviendra, ce qui a gêné sortira de la liste.
Ce que dit la recherche
Aimer dominer ou se soumettre n'a rien d'un trouble. En 2013, Andreas Wismeijer et Marcel van Assen ont comparé 902 pratiquants du BDSM à 434 personnes qui ne le pratiquaient pas, dans The Journal of Sexual Medicine. Les pratiquants se montraient moins névrosés, plus ouverts et plus satisfaits de leur vie, avec une seule mesure moins favorable : ils étaient moins conciliants. Les auteurs concluent que le BDSM ressemble davantage à un loisir qu'à l'expression d'un trouble. Ils rappellent aussi la limite de leur étude : les participants s'étaient portés volontaires.
Questions fréquentes
Que veut dire femdom ?
Femdom contracte l'anglais "female domination". Le Wiktionnaire le définit comme une pratique sexuelle où une femme exerce une domination. Le mot désigne aussi, par extension, la femme qui domine.
Quelle différence entre la femdom et le BDSM ?
Le BDSM regroupe le bondage, la discipline, la domination, la soumission, le sadisme et le masochisme. La femdom en est une branche : celle où la personne dominante est une femme.
Le pegging, c'est de la femdom ?
Pas forcément. Le Wiktionnaire cite la chroniqueuse Maïa Mazaurette, qui rappelle en 2020 que la pénétration d'un homme par une femme n'appartient pas nécessairement à la femdom. Un couple peut pratiquer le pegging sans aucun jeu de pouvoir.
C'est quoi la gentle femdom ?
Une domination féminine tendre : des ordres, des règles et des récompenses, sans douleur ni humiliation. Elle convient bien à un couple qui découvre la pratique.
Qu'est-ce qu'un safeword ?
Un mot ou un geste convenu avant la séance, qui l'arrête immédiatement. Beaucoup de pratiquants utilisent les couleurs : vert pour continuer, orange pour ralentir, rouge pour tout arrêter.
Aimer dominer ou être dominé, est-ce un trouble ?
Rien ne l'indique. En 2013, une étude néerlandaise du Journal of Sexual Medicine a comparé 902 pratiquants du BDSM à 434 personnes qui ne le pratiquent pas. Les pratiquants s'en sortaient aussi bien ou mieux sur la plupart des mesures psychologiques.
Sources
- Wiktionnaire, femdom
- Wikipédia, Dominatrice
- Wikipédia, Domination féminine (page d'homonymie)
- Wikipédia, Safeword
- David Stein, "Safe Sane Consensual", The Leather Leadership Conference Library
- Andreas Wismeijer et Marcel van Assen, "Psychological Characteristics of BDSM Practitioners", The Journal of Sexual Medicine, vol. 10, n° 8, 2013